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La lombalgie : définition et causes

L’essentiel en un coup d’œil :

  • Fréquence élevée : 84 % des adultes souffrent ou souffriront de lombalgie, représentant 7 % des consultations médicales.
  • Types et évolution : La lombalgie peut être aiguë (moins de 6 semaines), subaiguë (6 à 12 semaines) ou chronique (plus de 3 mois). 90 % des cas aigus guérissent spontanément.
  • Causes multiples : Facteurs mécaniques (posture, surcharge, vieillissement), inflammatoires (spondylarthrite, arthrite), psychosociaux (stress, conditions de travail) et cofacteurs favorisant la chronicité.
  • Impact socio-économique : Première cause d’arrêts de travail en France, coûtant plusieurs milliards d’euros en soins et perte de productivité.
  • Rôle clé du médecin : Une prise en charge initiale rapide et adaptée est essentielle pour éviter la chronicité et améliorer le pronostic du patient.

Le saviez-vous ?

La lombalgie touche n’importe qui, n’importe quand.

Elle impacte non seulement la santé de vos patients mais aussi celle de l’entreprise et des Finances publiques.

Aujourd’hui, on estime que 84% des adultes ont souffert, souffrent ou souffriront de ce qu’on appelle dans le langage populaire, le « mal de dos » ou le « tour de rein », si bien que 7% du volume de vos consultations concernent la lombalgie.

Multifactorielle, elle demande une évaluation clinique minutieuse pour détecter sa cause avec précision, et la traiter avant qu’elle n’évolue vers la chronicité ou qu’elle ne se complique.

Et c’est à vous, en tant que médecin généraliste, et recours de première ligne, que revient la lourde tâche d’agir pour lutter contre ce problème de santé publique.

Car, c’est avant tout de la prise en charge initiale que dépend le pronostic de la lombalgie.

Alors, qu’est-ce que la lombalgie, et à quoi est-elle due ?

C’est ce que nous verrons ci-après.

Comprendre la lombalgie :

Définition :

 La lombalgie (ou « lumbago ») est une douleur d’intensité variable (modérée à intense), située au niveau des vertèbres lombaires, et qui peut irradier vers les membres inférieurs.

Elle peut aussi être assimilée à une sensation de blocage ou à des difficultés à réaliser certains mouvements.

On distingue la « lombalgie commune », la plus fréquente, et la « lombalgie spécifique ». Cette dernière est liée à une pathologie sous-jacente : scoliose, spondylarthrite ankylosante, fracture d’une vertèbre, infection ou tumeur vertébrale.

Les lumbagos communs sont essentiellement dus à une lésion des muscles, des ligaments et des tendons, qui soutiennent la colonne vertébrale et lui permettent de fonctionner correctement.

La douleur étant subjective, son intensité n’est pas forcément un critère de gravité.

Et, c’est particulièrement vrai lorsque la cause de la lombalgie est « mécanique ».

À noter que si la lombalgie commune est la plus fréquente, on ne détecte sa cause que dans 15% des cas.

 

homme avec une lombalgie

 

Types de lombalgie :

La lombalgie aiguë :

Dans les cas aigus, la douleur lombaire est intense et apparait soudainement. Elles sont principalement dues à un traumatisme, une chute, un mouvement brutal, un effort physique intense ou une mauvaise posture.

Il s’agit d’une réaction normale au traumatisme subi, et à la lésion tissulaire provoquée.

La douleur diminue progressivement, et n’excède pas 6 semaines. 

En principe, à ce stade, aucun examen n’est nécessaire.

La lombalgie subaiguë :

 Durant cette période transitoire, la douleur persiste au-delà de la phase aiguë, mais n’excède pas 12 semaines.

La douleur est principalement d’origine « mécanique » : fatigue musculaire, douleurs articulaires…

Un bilan médical peut être recommandé en cas de douleur intense, et si elle impacte le quotidien, le sommeil ou le travail de votre patient.

La lombalgie chronique :

La lombalgie devient chronique quand elle se prolonge au-delà de 3 mois. La douleur est moins intense, mais elle est constante, et pèse sur la qualité de vie de vos patients.

Elle est souvent multifactorielle, et parce qu’elle ne répond pas aux traitements de premier recours, elle nécessite un bilan médical approfondi.

Il est important de détecter le type de lombalgie dont souffre votre patient pour comprendre la nature de sa douleur, et lui proposer la prise en charge la plus adaptée et personnalisée possible.

À noter que 90 % des lombalgies aiguës guérissent spontanément en moins d’un mois, et que 3 à 6 % des cas aigus évoluent en lombalgie chronique.

Les causes principales de la lombalgie :

Plusieurs causes peuvent être à l’origine d’une lombalgie. On y retrouve principalement :

Les causes mécaniques :

La douleur mécanique peut être due à une faiblesse ou à une usure des disques, des articulations ou des ligaments intervertébraux, mais aussi à un stress tissulaire : mauvaises postures, surcharge mécanique …

Les traumatismes et blessures comme les chutes, accidents, torsions ou efforts physiques excessifs peuvent provoquer des lésions des muscles, des ligaments ou des disques intervertébraux.

La hernie discale ou l’arthrose lombaire (en dehors des crises) provoquent aussi des douleurs mécaniques.

 

Les causes inflammatoires :

 La douleur inflammatoire survient de manière insidieuse, et associe différents symptômes comme la raideur matinale, des douleurs améliorées par l’exercice, des réveils nocturnes, des sciatalgies à bascule, etc.

On la retrouve dans les spondylarthrites ankylosantes ou les spondylarthropathies (on parle alors de rachialgie inflammatoire), mais aussi dans l’arthrite psoriasique.

 

Les causes non spécifiques :

 D’autres causes dites « non spécifiques » peuvent causer des lombalgies. C’est le cas :

  • Des facteurs posturaux : station assise prolongée, mauvaise position, port de charge lourde …
  • La sédentarité et l’inactivité physique qui affaiblissent les muscles et peuvent entrainer des contractures et des lombalgies.
  • Le surpoids et l’obésité qui pèsent sur les articulations.
  • L’âge : avec le vieillissement physiologique, les disques intervertébraux s’usent et leur dégénérescence, associée à de l’arthrose ou à de l’ostéoporose, peuvent affaiblir la structure de la colonne vertébrale.

 

Focus sur les nouveaux lombalgiques :

Si autrefois, l’âge était un critère discriminant, le vieillissement allant de pair avec l’usure du corps et de ses structures, aujourd’hui, on sait que la lombalgie ne touche plus que les séniors et les travailleurs de plus de 40 ans qui exercent un métier pénible.

En effet, les modes de vie, le monde du travail, et la nature des loisirs ont changé, et tout le monde peut être touché par la lombalgie :

  • Les générations Z et alpha, hyperconnectées, qui passent leurs journées sur les réseaux sociaux ou derrière leurs écrans.
  • Les générations X et Y, qui les passent assis sur le canapé à enchainer des séries télé.
  • Les sportifs, qui pour se dépasser, cumulent les défis et les performances extrêmes.

 

Les causes psychosociales :

Le stress et les troubles anxio-dépressifs :

 Par ailleurs, le stress, l’anxiété et les troubles dépressifs peuvent entrainer une douleur et induire une chronicité.

En effet, face à une situation stressante, le corps, qui se sent agressé, se met en « position de défense », se tend et se contracte. Quand cette situation perdure et devient permanente, ces tensions peuvent engendrer des douleurs dont des lombalgies.

Qui plus est, si le stress est associé à des troubles anxiodépressifs, votre patient aura tendance à s’isoler, à se replier sur lui-même et à abandonner toute activité.

Et, nous connaissons les effets de l’immobilité sur le dos…

 

L’environnement professionnel :

De la même manière, l’environnement professionnel, la nature de l’emploi, l’épanouissement et la reconnaissance sont indispensables pour préserver sa santé au travail.

Alors, quand le travail pèse sur le moral, soit que les tâches confiées sont monotones ou répétitives, soit que l’ambiance au travail est difficile, les douleurs peuvent apparaitre en réaction à cette atmosphère pesante, dont il faudra impérativement tenir compte.

Car, sans changement dans cet environnement jugé « hostile », votre malade redoutera la reprise de ses fonctions, et cumulera les arrêts de travail jusqu’à l’invalidité. Or, il n’est dans l’intérêt de personne de le retirer du monde du travail, et de l’isoler.

Dans ce cas, n’hésitez pas à diriger votre patient vers le médecin du travail.

Focus sur les cofacteurs et la chronicité :

Savoir identifier les facteurs de risque qui induisent la chronicité est un enjeu majeur pour traiter la lombalgie, mais aussi pour présager de son évolution.

Aujourd’hui, les facteurs environnementaux peuvent à la fois être à l’origine d’un lumbago, ou faire basculer une lombalgie aiguë vers la chronicité, si la cause initiale est mal perçue, la douleur, redoutée, et le mouvement, écarté.

Il n’est pas toujours facile de repérer ces fragilités : croyance autour de la douleur ou de la maladie, peur d’une récidive … surtout s’il s’agit du premier épisode de lombalgie. D’où l’intérêt d’un interrogatoire minutieux et approfondi.

Car, si ces cofacteurs se cumulent entre eux, une prise en charge multifactorielle sera nécessaire. Et, avec ces nouvelles contraintes, votre patient pourrait ne pas s’impliquer pleinement dans ses soins.

Or, pour que le traitement soit un succès, ce dernier doit être acteur de sa prise en charge.

Les principaux cofacteurs, associés à la chronicité, dont vous devez tenir compte quand vous mettez en place votre prise en charge initiale sont ceux d’ordre :

  • Personnels,
  • Professionnels : insatisfaction, inadaptation…,
  • Socioéconomiques : faible niveau d’éducation, absence de ressources ou ressources insuffisantes,
  • Médicolégaux : prise en charge de l’arrêt de travail
  • Psychologiques : syndrome dépressif, douleur psychogène,
  • Et ceux inhérents à la maladie.

 

Enfin, d’autres facteurs, liés cette fois à la prise en charge initiale, peuvent favoriser le passage vers la chronicité : importance du handicap ressenti, durée de l’arrêt de travail… Soyez vigilant.

À noter que les facteurs psychosociaux représenteraient 35% de la variance du handicap, contre moins de 10% pour la douleur.

L’impact socio-économique :

En plus d’impacter la qualité de vie de votre patient, la lombalgie peut également peser sur l’entreprise, et plus largement, sur les Finances publiques.

D’une part, elle est la première cause des arrêts de travail de courte durée en France.

D’autre part, elle coûte plusieurs milliards deuros en soins et perte de productivité.

Pour conclure...

Considéré comme le mal du siècle, le mal de dos peut peser lourd sur votre patient, son entourage, son entreprise, et sur la Société.

Pour lutter contre ce fléau, votre expertise est un atout de taille : elle permet de poser le bon diagnostic, de repérer les facteurs de risque, et de débuter les soins rapidement.

Car, c’est avant tout de votre prise en charge initiale que dépend le pronostic de la lombalgie, et donc de son glissement ou pas, vers la chronicité.

Pour conclure, prenez-vous régulièrement en charge des lombalgiques ?

Êtes-vous à l’aise avec les facteurs de risque et leur repérage ? 

Enfin, si vous avez trouvé cet article utile, n’hésitez pas à le partager autour de vous.

Pour en savoir plus sur les symptômes et la prise en charge de la lombalgie, cliquez sur le lien !

Sources : 

HAS

Vidal

Améli